France
Favoris
Partager
L’Escadron bleu était une unité mobile féminine de la Croix-Rouge française, engagée en 1945 pour rechercher, soigner et rapatrier des prisonniers, déportés et réfugiés français.
L’Escadron bleu était le surnom donné à l’unité mobile n° 1 de la Croix-Rouge française, créée le 13 avril 1945 par arrêté du ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés. Elle réunissait onze jeunes femmes volontaires, infirmières et conductrices-ambulancières, âgées pour la plupart d’une vingtaine d’années. Leur mission consistait à contribuer au retour en France de prisonniers de guerre blessés, de travailleurs requis et de survivants des camps. Le surnom de l’unité venait de la couleur des uniformes fournis par l’armée américaine.
Sous l’autorité de Violette Guillot, cheffe d’unité, l’Escadron bleu fonctionnait avec cinq binômes composés chacun d’une conductrice et d’une infirmière. Le groupe se déplaçait à bord de cinq ambulances Austin K2 offertes par le roi George VI d’Angleterre. Parmi les membres de l’unité figuraient notamment Jeannine Robert, Simone Saint-Olive, Aline Tschupp, Cécile Stiffler, Charlotte Pagès, Micheline Reveron, Jacqueline Heiniger, Élisabeth Blaise, Simone Braye et Françoise Lagrange.
Sa première mission se déroula en Allemagne, du 25 avril au 24 juillet 1945. Le 29 avril, l’Escadron bleu était présent à l’ouverture des portes de Dachau. Les ambulances ne pouvaient transporter que quatre malades couchés ou dix personnes assises, ce qui imposait de nombreux allers-retours entre le camp et la France. Après Dachau, l’unité intervint également auprès de survivants de Buchenwald.
L’histoire de l’Escadron bleu fut étroitement liée à celle de Madeleine Pauliac. Médecin-lieutenant des Forces françaises de l’intérieur, elle fut envoyée à Moscou puis à Varsovie par le général de Gaulle afin d’organiser le rapatriement sanitaire des Français encore retenus en Europe de l’Est. Elle devint médecin-cheffe de l’hôpital français de Varsovie et déléguée de la Croix-Rouge française en Pologne. Dans une Varsovie presque entièrement détruite, elle dirigea un hôpital de dix lits, un dispensaire et un centre d’accueil pour réfugiés.
À partir de juillet 1945, l’Escadron bleu rejoignit Madeleine Pauliac en Pologne. L’unité parcourut des routes détruites pour retrouver des personnes libérées des camps, des prisonniers et des réfugiés. Ses missions la menèrent parfois jusqu’en Union soviétique, notamment au camp de Tambov, pour rapatrier des Malgré-nous, Alsaciens incorporés de force dans l’armée allemande. Au total, l’Escadron bleu réalisa plus de 200 missions et parcourut environ 40 000 kilomètres avant la fin de son engagement en novembre 1945.