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Peter Gingold fut un militant communiste juif allemand et résistant antinazi, actif en exil en France puis au sein de la Résistance française.
Peter Gingold est né le 8 mars 1916 à Aschaffenbourg, en Allemagne, dans une famille juive d’origine polonaise. Son père travaillait comme tailleur. À partir de 1922, la famille vécut à Francfort-sur-le-Main, où Gingold fréquenta une école primaire juive. En 1930, il commença un apprentissage commercial dans une entreprise de vente en gros de musique et rejoignit la section jeunesse d’un syndicat. En 1931, il adhéra à la Ligue des jeunes communistes d’Allemagne.
Après l’arrivée des nazis au pouvoir en 1933, Gingold participa à des activités clandestines de résistance. Ses parents, ses frères et ses sœurs émigrèrent en France en mai 1933, mais il fut arrêté lors d’une rafle de la SA en juin et emprisonné pendant plusieurs mois. Après sa libération, il reçut l’ordre de quitter l’Allemagne et rejoignit sa famille à Paris à la fin de l’année 1933.
En France, Gingold travailla pour le journal antifasciste de langue allemande Pariser Tageblatt. Il participa à la fondation de la Jeunesse libre allemande à Paris en 1936 et adhéra au Parti communiste d’Allemagne en 1937. En janvier 1940, il épousa Ettie Stein-Haller. En mai 1940, il fut interné par les autorités françaises comme apatride d’origine allemande. Il revint à Paris à l’automne 1940.
Pendant l’Occupation, Gingold rejoignit la Résistance à travers la Main-d’œuvre immigrée (MOI) et le Travail allemand, un réseau qui diffusait du matériel antinazi auprès des soldats allemands, cherchait à obtenir des informations de membres de la Wehrmacht et encourageait la désertion. Il fut envoyé dans l’est de la France pour contribuer à l’organisation de ce travail. En 1942, son frère Leo Gingold et sa sœur Dora Buchband furent arrêtés et déportés à Auschwitz.
En février 1943, Gingold fut arrêté par la Gestapo à Dijon alors qu’il assurait une liaison entre la direction et les militants locaux du Travail allemand. Il fut interrogé et torturé pendant plusieurs semaines, puis transféré à Paris. En avril 1943, il parvint à s’évader et reprit ensuite ses activités de résistance.
Avec Otto Niebergall, il rejoignit le Comité Allemagne libre pour l’Ouest (CALPO). En août 1944, Gingold participa à l’insurrection pour la libération de Paris au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Il fut ensuite envoyé en Lorraine comme délégué du CALPO avec le 1er régiment de Paris pendant la bataille de Metz. Au printemps 1945, il rejoignit des partisans italiens comme délégué de front et assista à la Libération à Turin.
Après la guerre, Gingold s’installa à Francfort-sur-le-Main avec sa famille et poursuivit son engagement politique. Il mourut le 29 octobre 2006 et fut enterré à Paris.