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Itinéraire
Durant la Seconde Guerre mondiale, près de 6 000 Juifs furent sauvés à Limoges de la déportation par des Français de toutes conditions. Le Limousin compte environ 140 «Justes parmi les nations », la plus haute distinction accordée par l'État d'Israël à des personnes non juives.
À partir de 1941 arrivèrent en Haute-Vienne, département relativement isolé et majoritairement rural, des milliers de fugitifs juifs qui avaient clandestinement franchi la ligne de démarcation. La communauté juive passa de quelques dizaines à plus de 5 000 personnes fortement encadrées par le rabbin Deutsch. En novembre 1942, les Allemands envahirent la zone Sud. Un vent de panique souffla sur la population juive en Haute-Vienne. Les camps d’internement de Nexon et de Saint-Germain-les-Belles suivirent l’évolution de la politique de persécution et de répression. Ils devinrent des lieux de regroupement et de transit avant la déportation dans les camps de concentration et les centres de mise à mort.
A Limoges, l’OSE (Œuvre de Secours aux enfants) regroupa dès 1942 dans une grande maison rue Eugène Varlin les plus jeunes enfants qu’elle réussissait à faire sortir des camps d’internement du Sud de la France, Gurs ou Rivesaltes. La pouponnière de Limoges accueillit jusqu’à 70 enfants de moins de 5 ans, des orphelins, des enfants en danger et même des enfants de résistants engagés au maquis. Pendant les premières rafles d'août 1942, au nom du regroupement familial, quelques-uns des enfants de la pouponnière furent arrêtés. Conscient de la menace de déportation, Gaston Lévy décida de les sortir de la pouponnière et de les cacher, sous de fausses identités, dans des familles adoptives du département de l'Indre.
Les enfants entrèrent donc dans la clandestinité. Avec le durcissement de la politique antisémite allemande et la collaboration de l’Etat français dans l’organisation des rafles, des résistants, les autorités religieuses, des instituteurs, des assistantes sociales, de simples particuliers aidèrent à mettre en sécurité les Juifs ou à organiser leur fuite. Parmi eux, Germaine Ribière, une des premières femmes en France nommées Juste parmi les Nations en 1967. Lors des rafles en Haute-Vienne, Creuse et Indre, le 26 août et en septembre 1942, elle procura des cachettes à des enfants des lieux d’accueil de l’Oeuvre de Secours aux enfants (OSE/UGIF). A l’échelle de la France, elle organisa pour Témoignage Chrétien le camouflage d’enfants juifs menacés de déportation et, au quotidien, le service social et les convoyages.